Le fauteuil inventé dans la nouvelle d’Edogawa Ranpo (La chaise humaine), permet de se cacher dans la doublure et de sentir, à travers la mince couche de cuir, la personne venant s’adonner à ses activités. Que l’on puisse introduire des affections intérieures à un fauteuil inerte qui sent et observe les codes et les signes émis par ses usagé.e.x.s, nous rend producteur.rice.x.s d’une parahistoire qui se charge alors de nos bonheurs paranoïdes.

Avec Deep Fake Loucia Carlier dresse des pièces depuis lesquelles nous nous faisons observer et absorber dans leurs doublures. Le similicuir fake des surfaces extérieures et des volumes intérieurs laissant apparaitre des empreintes d’objets qui n’en finissent pas de ne pas exister. Coincés entre l’objet et sa simulation qui souhaiterait s’incarner dans des images et des mots doués d’affections, nous sommes au service d’une jouissance qui nous a dépossédés de notre libido et où nos corps sont alors couplés aux réels, le cul sur le banc, les mains prêt des murs, le verre à la bouche.

Off-the-Cuff est un cycle qui se déroule en trois volets successifs. À chaque édition, Forde invite une pièce déjà existante à être mise en scène par ses auteur.rice.x.s. Par ce geste d’abandon de la pièce à l’espace, il s’agira de tuer ses histoires construites par l’exposition et de les envisager dans son devenir post-historique: l’activation d’un potentiel qui ne lui était pas destiné par son recyclage et sa fermentation sémantique.

C’est en quelques sortes un marché d’occasion de la production artistique qui s’ouvre, où l’original se délite dans sa valeur d’usage présupposée, réalité qui transforme un pastiche en pistache et confond volontiers des instances productives, telles que l’artiste, le concessionnaire, le curateur et le bouffon.

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